Anorexie masculine recherches

Dossier de psychologie sur l’Anorexie Masculine

 

Des points communs entre l’anorexie et l’autisme

Article de Mathieu Perreault, pour ciberpresse.

Je me permet de faire un copié collé afin que ce texte reste même quand le lien aura disparu.

 

« Les chercheurs de l’Institut de psychiatrie de Londres ont relevé que les anorexiques ont tendance à s’attarder à des détails, ont une pensée très rigide, ont de la difficulté à prendre en compte l’ensemble des stimuli du monde extérieur, et sont moins à l’aise en société. Des traits qui se retrouvent aussi chez les autistes.

Dans deux études regroupant entre 22 et 45 personnes atteintes de boulimie et 45 cas contrôle, publiés par le British Journal of Clinical Psychology et l’International Journal of Eating Disorders, la psychiatre Janet Treasure de l’Institut de psychiatrie a montré que les troubles alimentaires étaient associés à des mesurées élevées aux questionnaires d’évaluation de l’autisme. En particulier, les patientes avaient de la difficulté à faire la différence entre des écueils ponctuels et des problèmes plus larges, et avaient tendance à prendre chaque revers comme un défi existentiel. Deux autres études sur le même thème ont démontré la même association.

Cela ouvre la porte à l’utilisation de nouvelles thérapies cognitives pour traiter l’anorexie, selon l’équipe du Dr Treasure. En particulier, elle propose d’aider les patientes atteintes de troubles alimentaires à évaluer leurs progrès et leurs problèmes dans différentes sphères de la vie à l’aide de graphiques par barres. Cette méthode très concrète serait plus facile à accepter que les raisonnements plus complexes, ou plus impressionnistes.

Dans le même souffle, l’Academy for Eating Disorders, un groupe de médecins, de psychiatres et de psychologues, affirme dans une nouvelle prise de position que les troubles alimentaires sont trop souvent laissés pour compte par les autorités médicales et les responsables d’assurances aux États-Unis, alors qu’ils devraient être considérés comme des «troubles mentaux sévères et d’origine biologique». « 

Dans : Clinique
Par drinou
Le 2 juin, 2009
A 17:41
Commentaires : 6
 
 

Nouvelle écrite par Nicolas

Océan perdu

Marty aimait beaucoup son travail de maître nageur. Mais ces temps-ci, bizarrement, le poids des années commençait à lui peser. Il lui arrivait de plus en plus fréquemment de se regarder dans le miroir, se demandant si son reflet était bien le sien ; celui d’un homme de plus ou moins trente ans, blond, les yeux aussi bleus qu’un ciel d’azur dénué de nuages. Sa jeunesse et sa minceur – très marquée pour son âge -, attiraient de nombreux regards masculins et féminins, mais aussitôt ceux-ci se détournaient, frappés par la tristesse et la souffrance qui semblaient toutes deux prisonnières de cet océan de solitude, pareilles à des sirènes dont les amants seraient restés à terre ; pour toujours.

La vie n’avait pas été facile pour lui, surtout son enfance ; théâtre d’un sombre drame dont les rideaux, vieux et sales, ne sont toujours pas tirés. Dans son esprit, il lui arrive encore d’entendre les rires moqueurs et les insultes du jeune public, venu admirer le phénomène de foire qu’il était alors : un gosse de quatorze ans dopé par le vertige d’une faim quotidienne : une drogue dure qui, bien trop tôt, lui avait pris la plus grande richesse qu’un homme au cœur pur se doit de ne jamais oublier : l’insouciance de l’enfance ; la mémoire de moments joyeux et innocents passés trop rapidement, comme balayés à jamais par le tic tac des heures écoulées.

Ce tic tac, il l’entendait tous les jours, dès son lever, puis partout durant la journée. « Les gens sont tellement pressés », pensa-t-il. « Certains sont pressés de vivre, d’autres… de mourir. » Cette réflexion fit soudain jaillir en lui le souvenir d’un évènement survenu au cours de sa maladie. Il avait failli mettre fin à ses jours, purement et simplement. La scène se passait dans la salle de bain de ses parents et sa main droite tenait un couteau tranchant, posé sur une des ses veines, saillante et chaude. L’envie irrépressible de tirer un trait rouge sur sa vie ratée avec, enfuie au plus profond de lui, cette incertitude que ce soit la bonne chose à faire ; la voie de la sagesse. Il avait beaucoup pleuré ce jour-là, seul dans son coin, en proie à un mal destructeur et terrifiant ; un abîme noir dans lequel une chute durerait éternellement. Le désir de vivre malgré tout avait été le plus fort. Il s’était persuadé en son for intérieur que le meilleur serait à venir, paré d’un beau manteau aux lumières vives et attirantes – et donc visibles de très loin ; là où se trouvait Marty en ce jour funeste. Là où il se trouvait encore aujourd’hui, rêvant sa vie d’homme au lieu de pleinement la savourer.

Seul, plongé dans le silence nocturne de sa chambre d’hôtel parisienne, Marty, à peine sorti de sa douche, dérivait sur son petit nuage… Pendant son temps libre, il aimait écrire des poèmes – mélancoliques, pour la plupart – et imaginer plein de choses merveilleuses, associant une multitude d’idées différentes pour un résultat parfois surprenant, à la limite de la réalité. Il avait un talent rare, mais paradoxalement il n’aimait pas le montrer, ayant trop peur d’être jugé plus durement qu’il ne fallait, une fois de plus. Une fois de trop.

Il dérivait, mais cette fois son rêve lui paraissait incroyablement réel, presque palpable. Une forme se dessinant sur le miroir ovale ; une femme ou un homme. Un être humain en tout cas, étrangement familier ; comme s’il s’agissait d’un vieil ami, perdu puis retrouvé. Une main se tend vers lui et il hésite… C’est si rare qu’on lui tende la main ! Le contact est si froid, glacé… Le verre semble tout à coup vouloir se tordre et à cet instant, il ferme lentement les yeux. La douceur inconnue qu’il ressent à ce moment-là est telle que des larmes lui coulent sur les joues, jusqu’à ses lèvres. La saveur légèrement piquante lui rappelle ce délicieux weekend passé à Oléron, l’eau de mer qu’il avait bue exprès pour désobéir à ses parents, la nausée qui lui avait retourné l’estomac… et son vomissement salvateur ; non forcé celui-là. « Le dernier avant la tempête », l’informait sa mémoire…

Ce fût la première nuit paisible de Marty ; depuis longtemps. Le lendemain, par contre, nul ne sût ce qu’il était advenu de lui. On le chercha partout, chez ses parents et rares amis, à la piscine, mais Marty resta introuvable. Deuxième fait étrange, une flaque d’eau salée gisait par terre devant le miroir embué de sa salle de bain. Sur ce dernier, bien lisible, écrit avec les doigts de la main, un simple mot : « Océan ».

Dans : Non classé
Par nicool152
Le 16 mai, 2009
A 21:33
Commentaires : 4
 
 

Silverchair : un groupe dont le chanteur a souffert d’anorexie

Ce groupe Australien existe depuis 1994, a fait plusieurs albums. Son chanteur Daniel Johns a souffert d’anorexie et a écrit une chanson qui ne peut pas laisser indifférent. C’est Ana’s song. Merci à Nicolas de m’avoir fait découvrir ce trio d’exception.

Je vous mets le lien, vers la vidéo du clip.

« Ana’s song »

Please die, Ana
For as long as you’re here, We’re not
You make the sound of laughter
And sharpened nails seem softer
And I need you now, somehow
And I need you now, somehow

Open fire
On my needs designed
On my knees for you
Open fire
On my knees desires
What I need from you

Imagine pageant
In my head
The flesh seems thicker
Sandpaper tears corrode the film
And I need you now, somehow
And I need you now, somehow

Open fire
On my needs designed
On my knees for you
Open fire
On my knees desires
What I need from you

And you’re my obsession
I love you to the bones
And Ana wrecks your life
Like an anorexia life

Open fire
On my needs designed
On my knees for you
Open fire
On my knees desires
What I need from you

Open fire
On my knees desire

Open fire
On my needs designed
On my knees for you

Dans : Perso
Par drinou
Le 5 mai, 2009
A 17:58
Commentaires :1
 
 

Le poids du regard

L’irlandais Oscar Wilde a dit : « La beauté est dans les yeux de celui qui la regarde. » L’anorexique, tel Narcisse, aurait tendance à trop se regarder dans le miroir, au point d’en devenir dépendant. A force de maigrir, il se trouve de plus en plus attirant et jeune. Plus beau, en quelque sorte. Et il n’en a jamais assez, tout perfectionniste qu’il est ! Mais cela ne dure pas éternellement, car il en va de la survie de son âme. La beauté, même éphémère, a sa part du diable ; son prix à payer.

Une deuxième phrase de Wilde : « Votre visage vieillit à force d’être regardé ». L’anorexique, en se détachant peu à peu de sa chair réelle, cherche t-il à ne plus être regardé ? Voire à disparaître ? Il s’enferme, s’isole et passe son temps à jeûner. Le lien entre « jeune » et « jeûner » est, à ce titre, assez troublant. Dans l’église catholique et orthodoxe, le jeûne est d’ailleurs considéré comme un facteur de purification qui aide à rencontrer Dieu. La vie éternelle, donc.

Dans ces deux phrases, on remarque l’importance du « regard » ; celui des autres et/ou le sien, tout simplement. Le regard « miroir » peut ainsi devenir destructeur, en nous poussant inexorablement vers la folie ; un long déclin désenchanté. Pour guérir, il nous faut briser ce miroir, mais les morceaux restent malgré tout en nous, comme autant de petits bouts de verre dans lesquels il serait trop facile de nous « regarder » à nouveau ! Par comparaison, un alcoolique en fait de même avec la boisson. Attirance et révulsion ; mais ne jamais céder pour continuer à avancer.

 

Dans : Non classé
Par nicool152
Le 15 avril, 2009
A 6:55
Commentaires : 3
 
 

Anorexie mentale masculine : compte rendu de la conférence du 16.12.08, à l’espace Barbara, Nantes

Charlotte Charroy a écrit une thèse « A propos de quelques cas et d’une revue de littérature » et a tenue une conférence sur l’anorexie masculine.

Elle a mis en évidence les hypothèses qui n’ont pas été suivies telles que l’anorexie pour le garçon serait un mode d’entrée dans la schizophrénie, que la gravité serait évolutive et que ces garçons auraient une orientation homosexuelle prévalente.

C’est le sex-ratio le plus déséquilibré de l’ensemble de la pathologie anorexique : 1 sujet sur 10 anorexiques est masculin.

Le tableau clinique et ses facteurs prémorbides sont :

- enfant sans problème. « Enfant image » (BRUCH)

- perfectionnisme, anxiété, hyperconformisme

- surcharge pondérale

- pratique sportive de haut niveau (courses hippiques, à pied…)

- antécédents familiaux (obésité) ===> cette charge génétique est 2 à 3 fois plus importante que pour les anorexies féminines.

 

La symptologie :

- débute vers 16 ans

- facteurs déclenchants : perte, problèmatique sexuelle

- DSM IV

- aménorhée ==> perte de la libido pour le garçon

 

Spécificités masculines :

- hyperactivité physique

- préoccupation autour du corps : recherche du corps musclé, svelte

- fréquence controversée de l’utilisation de laxatif, vomissement…

 

La constellation familiale est banale (Besquin 1983), la mère est le modèle et prend toute la place, fragilité de la place du père dans sa fonction différentiatrice et séparatrice (Oedipe). On note une une fragilité des assises narcissiques marqué par une relation précoce mère-bébé avec dépendance réciproque.

 

L’épidémiologie montre un phénomène d’accroissemment due à une demande de soins de la part des anorexiques masculins depuis une dizaine d’année (on passe à un cas sur 4). Toutefois y a t-il vraiment une faible prévalence ou alors est ce le résultat d’un faible diagnostique ? Le déni de l’entourage est beaucoup plus important quand il s’agit d’un fils malade, le délai de prise en charge est donc plus important.

Les garçons qui ont été suivis ont insistés sur le fait que faire du sport était le moyen d’être avec son père. Le sport est un point de rencontre avec le père.

 

 

 

Dans : Hypothèse
Par drinou
Le 14 avril, 2009
A 9:18
Commentaires : 0
 
 

Création littéraire et anorexie

On distingue généralement, en littérature, le « roman nouveau » et le « roman commercial ». Pour l’auteur de romans populaires, écrire est une activité qui peut s’apparenter aux techniques de drague qu’un homme peut utiliser pour séduire une femme. Si son objectif est juste de la séduire afin de grossir son « tableau de chasse » (ou lectorat !), il « écrira » dans le seul but de lui plaire ; c’est-à-dire d’une façon qui ne reflète pas vraiment ce qu’il est réellement (les fameux « mensonges » de l’écrivain !). Inversement, s’il écrit pour la femme qu’il aime – sa « muse » -, son processus de création sera plus irrégulier et moins contrôlé, car il s’agira dès lors d’un travail de « cœur ». Ce processus peut aussi devenir une drogue dure si l’écrivain souffre de blessures profondes ; il ressentira alors le besoin d’écrire, encore et encore, afin de faire taire chaque jour un peu plus le mal qui le ronge. Finir Son livre peut alors se traduire par « En terminer définitivement avec ce mal ! » Un peu à la manière de certains lecteurs, acharnés et obsessionnels lorsqu’il s’agit de connaître la fin d’une histoire ! Souffrant d’anorexie mentale durant des années, je me suis aperçu qu’écrire me permettait d’expulser le mal de vivre qui me rongeait et qui – parfois – me ronge encore. On dit souvent que l’anorexie est un « mal d’amour », une maladie typique des adolescent(e)s. Pas seulement, car l’anorexie prend racine (le plus souvent) dans des blessures qui remontent à l’enfance – voire même à la naissance du malade. Mettre des mots sur les maux, dans un but de création pure, peut alors signifier « revivre » ou encore « renaître » ! C’est un peu comme un refuge ; une bulle d’enfance qui se reformerait après avoir été détruite… à cause des adultes. Pour chaque nouvelle création artistique, cette bulle gonfle puis éclate, déversant ainsi tout notre amour… jusqu’au prochain livre ; jusqu’à la prochaine épreuve !

Dans : Non classé
Par nicool152
Le 8 avril, 2009
A 7:51
Commentaires : 5
 
 

« L’homme est une corde tendue entre l’animal et le surhumain, une corde au-dessus d’un abîme » Nietzsche

Ces mots du philosophe allemand Nietzsche ont – à mon sens – une forte résonnance avec la maladie qui nous touche. Parce que l’anorexique tend à devenir un surhomme, un esprit sans matière, il risque à tous moments de « flancher » et de tomber dans cet abîme. D’un autre point de vue, si l’anorexique parvient par miracle à retrouver un semblant d’équilibre, faisant pour celà le sacrifice de ses aspirations aériennes, n’est-il pas condamné à rester un animal prisonnier de ses habitudes? j’entends par là un homme « obligé » de se nourrir pour vivre; un être dont la liberté ne sera jamais complète, même si ce « jamais’ s’altère avec le temps. Voilà, libres à vous de méditer sur cette réflexion qui m’est venue à l’esprit (tiens, encore ce fameux esprit!   :mad: ) à lecture de Nietzsche.

Dans : Non classé
Par nicool152
Le
A 7:30
Commentaires : 5
 
 

Nicolas : editeur sur le blog

Bonjour à tous,

Cela fait longtemps que Nicolas nous offre ses poèmes et ses réflexions autour de l’anorexie masculine. Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous annoncer qu’il est éditeur sur le blog. Son expérience et sa réactivité seront une aide précieuse pour tous.

Merci Nicolas d’avoir accepté d’apporter ton aide.

Que notre binôme dure longtemps !

Dans : Perso
Par drinou
Le 7 avril, 2009
A 19:40
Commentaires : 2
 
 

Mélancolie

Bonjour à tous,

Nicolas nous offre ce poème, sombre et mélancolique… Merci Nicolas.

 

« Mon cœur est une fleur qui a mal jusqu’au moindre de ses pétales,

 Car le jardinier, frappé d’amnésie, a oublié le chemin qui mène à lui.

 Depuis, les larmes ont remplacé la sève, et je pleure dans la nuit,

 Rêvant d’un monde meilleur, terreau d’une vie brève… mais idéale. »

 

Dans : Non classé
Par drinou
Le 6 avril, 2009
A 11:15
Commentaires : 0
 
 

« Comme un goût de liberté » de Nicolas

Bonsoir à tous,

J’ai l’honneur de vous présenter le nouveau texte de Nicolas !

Merci Nicolas pour ce beau cadeau.

 

 

 » Comme un goût de liberté  »

Encore un jour de plus à arpenter ce maudit métro. Toujours les mêmes têtes qui défilent devant moi. De temps en temps, j’ouvre un œil pour voir s’il y en a un qui me regarde. Non, même pas. Personne ne fait attention à personne ! Suis-je moche ? Suis-je transparent ? Est-ce que j’existe seulement ? Toutes ces questions, je rêve de leur poser, mais je ne le fais pas. Ai trop peur de voir la réalité en face : un ancien anorexique prisonnier de ses angoisses. Un homme qui doit se battre quotidiennement – survivre pour ne pas sombrer…


Chaque matin, il espère que sa journée sera différente de la précédente. Comme un écrivain à la recherche de ses personnages, il passe son temps à inventer une vie aux gens qu’il croise. Dans un sens, on pourrait presque le prendre pour un artiste, mais non, cet homme travaille pour l’Etat. Dans une société inégale où la majorité des gens crève de faim, cet homme a la chance de gagner juste assez pour manger. Mais paradoxalement, la nourriture l’intéresse peu : ses aliments à lui sont les rêves, les odeurs et les couleurs. Un parfum, un sourire ; cela suffit à combler son bonheur ! Soudain, les portes du métro s’ouvrent devant lui. Des affiches publicitaires en pagaille, des murs de béton, une vieille dame agrippée à son sac, comme si sa vie – pourtant remplie de souvenirs – en dépendait ! « Il a l’air bien triste ce monde ! », se dit-il intérieurement. « Triste à en pleurer, même ! » Mais il n’a pas envie de pleurer. A 29 ans, cet homme a déjà eu son lot de souffrances. La maladie a pris une partie de lui ; une partie qu’il croyait perdue à jamais. Heureusement pour lui, son instinct de survie l’a poussé en avant, tel un lion affamé, obligé de rugir plus fort pour pouvoir se faire entendre. Il s’est battu pour rester en vie, mais maintenant, une question le taraude : que va-t-il faire de cette vie ? Rester dans ce bureau poussiéreux ou partir, voyager vers un ailleurs qui, peut-être, lui apportera l’espoir d’un avenir radieux ? Son choix est fait ; il n’ira pas travailler aujourd’hui. Derrière lui, il remarque un collègue qui le suit. Rien. Même pas un regard échangé. Cinq ans qu’il travaille là-bas et pas une seule pensée ne lui vient à l’esprit. Pas une seule. « Cet endroit n’est décidément pas fait pour moi ! », se dit-il. Sur un coup de tête, il décide de se rendre chez son disquaire favori. Là, au moins, il pourra écouter sa musique préférée – pour s’évader !


A l’entrée du magasin, derrière la porte vitrée, il prend plaisir à regarder les dernières nouveautés, alignées tels des sprinteurs parés pour la course. Toujours plus forts, toujours plus rapides ! La porte finit par s’ouvrir sans qu’il fasse le moindre geste. La vendeuse l’a reconnu au premier coup d’œil. A force de se voir tous les midis, une certaine complicité les unit. Complicité qui, aujourd’hui, va évoluer car il se sent le courage d’enfin oser lui parler. Elle en rêvait depuis toujours. Lui aussi. Ils échangent quelques mots timides et finissent par rompre la glace. Cette maudite glace qui a – depuis toujours – régenté sa vie, au point de se croire seul au monde. Le seul à souffrir… Mais maintenant, la solitude n’est plus qu’un lointain souvenir. Il goûte sa liberté, la savoure… et s’en nourrit !

 

Dans : Non classé
Par drinou
Le 3 mars, 2009
A 19:01
Commentaires : 3
 
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