Anorexie masculine recherches

Dossier de psychologie sur l’Anorexie Masculine

 

Solitude, anorexie

Bonjour à tous,

Nicolas nous offre un poème. Toujours vrai, profond, émouvant.

Nicolas : « Des lectures, des rencontres et des émotions; il n’en fallait pas plus pour que je retravaille une dernière fois ce poème, baptisé « Seul », car je souhaitais vraiment faire ressentir ce sentiment de solitude, de lieu clos… propice à la création d’un monde intérieur.
Merci. »

Seul

 

A travers les fenêtres sans âge de ma prison,

 

J’observe leurs visages, si pâles en cette saison.

 

Par comparaison, mon esprit est une page blanche ;

 

Un abîme sombre sur lequel personne ne se penche.

 

Alors, privé de l’air qu’ils respirent, je m’entraîne à rêver,

 

Me fondant dans leurs chairs… pour vivre libre et aimer.

Merci Nicolas, à bientôt. 

Dans : Témoignages
Par drinou
Le 8 août, 2008
A 7:57
Commentaires : 17
 

17 Commentaires

  1.  
    Nicolas
    Nicolas écrit:

    A très bientôt, je l’espère! Ce petit poème m’est très personnel; il me « colle » (si l’on peut dire) à la peau…

    Si certain(e)s passent par ici et me lisent, je vous remercie de me faire sentir moins… seul.

  2.  
    alexandre
    alexandre écrit:

    Bonjour Nicolas, je découvre ton poème aujourd’hui,je le trouve criant d’émotion:
    C’est vrai que la solitude est difficile à supporter, pour ma part, elle me fait souvent douter et parfois retourner sur des pas que je pensais effacés :
    Néanmoins ces passages permettent l’écriture, et c’est un chouette moyen de progression positive pour quiconque est confronté à l’anorexie.
    Avant de découvrir ce site, je me sentais profondément isolé, incompris, dépourvu :
    Aujourd’hui, j’ai pu me rendre compte que nombre d’autres hommes étaient confrontés à cette pathologie :
    Cela ne me rassure pas, cela me fait relativiser et me donne une profonde envie de me tourner vers l’autre et d’apporter à mon tour. Courage ! Alexandre.

  3.  
    Nicolas
    Nicolas écrit:

    Merci, Alexandre.

    Oui, tu as raison, l’écriture est une bonne thérapie, surtout face à une maladie aussi pernicieuse… Là, physiquement, je m’estime « guéri », mais les blessures morales restent très difficiles à évacuer. Parler à d’autres permet de rompre l’isolement et celà fait du bien, sur le moment.

    J’espère que tu arrives à t’en sortir? Si tu passes ici régulièrement, sache que Drinou est une personne vraiment sympa et à l’écoute. Sois le bienvenu!

  4.  
    lily
    lily écrit:

    Bonjour Nicolas,

    Ton texte me touche infiniment…

    Ta plume est merveilleuse, j’ai toujours beaucoup de plaisir à te lire.
    Je me promène dans ton univers, comme chez moi.

    Que les muses t’accompagnent toujours!

    Prends soin de toi.
    Bises,

    Lily

  5.  
    Nicolas
    Nicolas écrit:

    Bonjour Lilly,

    Eh bien, je ne sais plus où me mettre! J’ai pas trop l’habitude de recevoir d’aussi beaux compliments… C’est très touchant.

    Merci bcp.

  6.  
    drinou
    drinou écrit:

    Bonjour à tous !
    Que de plaisirs à vous lire ! Merci Alexandre, ton commentaire me touche aussi beaucoup, et comme toi, cela donne encore plus l’envie d’aller vers l’autre, de continuer notre avancée afin que vous tous, garçons et hommes souffrant ou ayant soufferts de l’anorexie, vous sachiez que vous n’êtes pas seuls, que d’autres aussi ont connu les mêmes sentiments, les mêmes angoisses. Et que vous pouvez vous en sortir.
    Merci Lily pour ta douceur, et tes poèmes aussi sur ton site sont merveilleux !
    Quant à toi, mon ami Nicolas, tu sais toute l’amitié que j’ai pour toi, et le respect que j’ai envers ta générosité et ta prose.
    Bien à vous.

  7.  
    nicolas
    nicolas écrit:

    Je suis très content de te lire, Sandrine! J’espère que tes travaux avancent bien. En tout cas, c’est vraiment chouette de pouvoir communiquer comme nous le faisons. Longue vie à ton blog!

  8.  
    ANTONIO MANUEL
    ANTONIO MANUEL écrit:

    Il me semble que ma relation névrotique à la nourriture s’origine dans un traumatisme de ma très petite enfance, quand, nourrisson, ma mère m’allaitait.
    En effet, elle m’a raconté un jour, de façon tout à fait anecdotique, et comme un fait divers cocasse de son expérience de mère, que je m’étais mis à pleurer et que ces pleurs inexpliqués avaient duré plusieurs jours sans qu’elle parvînt à en comprendre la cause. Si bien qu’elle consulta un médecin qui découvrit que ma mère n’avait plus de lait, que je souffrais de la faim et que mes pleurs étaient ceux d’un bébé non alimenté.
    Je reçus cette révélation, sous la forme de la confidence d’un souvenir anodin oublié, comme un coup de poing dans l’estomac. J’avais l’impression de revivre la détresse, le désarroi, l’angoisse viscérale de mourir de faim que je dus ressentir alors. Et le sens que ce refus du sein de ma mère de me délivrer sa substance nutritive vitale pouvait avoir eu pour moi : absence de l’amour maternel du fait de l’insatisfaction de ma mère face à ce petit être que j’étais ou rejet de ce que je représentais symboliquement pour elle. La nourriture, l’amour et la mort mêlés dès ma toute petite enfance.
    J’associe également mes troubles du comportement alimentaire à un épisode marquant de mon adolescence. J’avais seize ans. J’étais en classe de 1ère littéraire. Je souffrais dune colopathie fonctionnelle qui se manifestait par des spasmes intestinaux. Comme je redoutais qu’il pût s’agir des symptômes d’une appendicite imminente, je consultai un médecin généraliste qui me recommanda de pratiquer une diète à base de légumes bouillis et de poissons ou de viandes grillés, à tout les repas, pendant une quinzaine de jours. Il m’affirma qu’ainsi, soit les douleurs disparaîtraient, soit l’appendicite se déclarerait grâce à ce régime alimentaire.
    J’ai le souvenir d’un amaigrissement, d’une perte de quelques kilos nullement excédentaires qui me procura une sensation de liberté physique nouvelle et délicieuse. Une légèreté de vivre et d’être comparable à une ivresse permanente. Mes pas, mes gestes, tout mon corps se délestaient du fardeau d’exister et j’étais heureux. Maigrir me dispensait une jouissance corporelle inédite.
    Cependant au bout de trois semaines de ce régime, j’avais vraiment trop maigri et mes camarades de classe, quand je me rendis un jour au tableau pour y corriger un exercice, me le firent remarquer avec inquiétude. Je ne souffrais plus de spasmes intestinaux. Le fonctionnement de mon système digestif était redevenu normal. Je mis donc un terme définitif aux prescriptions alimentaires du médecin.
    Et puis il y eut cette grève de la faim qui ponctua mes études universitaires de lettres modernes. J’avais reporté l’année de mon incorporation dans l’armée, pour y effectuer mon service militaire obligatoire, d’une durée d’un an en ce temps là. Je refusais de perdre cette année de ma vie à obéir et subir un apprentissage de la soumission que je trouvais stupide, humiliant et que, en tant qu’homosexuel, j’appréhendais comme une épreuve insurmontable.
    Je n’avais connu une telle promiscuité de chaque instant avec d’autres garçons qu’à l’occasion d’un séjour en classe de neige, à dix ans. Depuis j’avais connu ma première expérience homosexuelle et de nombreuses autres. Je savais l’effet sur moi du corps dévêtu d’un garçon et aurais été bien incapable de dissimuler à sa vue et à son éventuel contact les signes de mon excitation sexuelle.
    Contraint d’obtempérer, je résolus le dilemme que cela me posait en entamant une grève de la faim quelques semaines avant la date de mon incorporation, qui se prolongea les dix jours que dura mon service militaire.
    De loin en loin, de nombreux régimes jalonnent ma vie de jeune adulte mais plus motivés par une volonté d’épuration, de purification spirituelle, passant par des jeûnes ou des mono diètes, que dans le but de perdre du poids. Car j’ai eu la chance d’être, par nature, mince et élancé.
    En somme, j’ai toujours été préoccupé par mon alimentation, boulimique souvent sans m’en rendre vraiment compte car jusqu’à l’âge de 27 ans je ne grossissais pas quoi que je puisse manger.
    Ce qui perturba énormément mon comportement alimentaire fut la prise de cortisone à doses élevées sur de longues périodes. Je dus supporter des régimes stricts sans sel et sans graisse pendant des mois et la mise à l’écart de mon alimentation des crudités et des fruits frais qui aggravaient les symptômes de ma recto-colite hémorragique.
    La frénésie alimentaire directement entraînée par la corticothérapie m’incita à un de voir de contrôle de mes pulsions alimentaires dévastatrices et irrépressibles. Le seul moyen que je trouvai pour faire face à ces accès d’hyperphagie, après les régurgitations douloureuses et pitoyables, fut la restriction alimentaire sévère sous la forme de substituts de repas hyperprotéinés. Ils me permirent de perdre beaucoup de poids et cela très rapidement tout en me procurant une sensation de satiété.
    C’est ainsi que s’installa mon anorexie. Je remplaçai tous les repas par un substitut accompagné d’une pomme et finit par réduire le nombre de ces ersatz de repas. J’étais devenu anorexique.
    Je pèse aujourd’hui moins de 55 kgs pour 1 mètre 76.
    Le contrôle exercé sur mon alimentation et ma perte de poids progressive et continue me confèrent un sentiment de toute puissance et de maîtrise d’un destin que je n’ai pas choisi puisque je n’ai absolument pas le souvenir d’avoir décidé de mon homosexualité, à un quelconque moment de ma vie, qui me classe dans une catégorie minoritaire de la société, raillée, méprisée et dont les membres sont trop souvent violentée, victimes de discriminations injustes et théoriquement condamnables par la loi mais en fait la plupart du temps non sanctionnées pour de multiples raisons : la honte de celui qui en est victime et n’ose donc pas porter plainte, la difficulté d’en fournir les preuves et l’indifférence sociale globale.
    Désamour, mésestime de soi, marginalisation sociale et injustice président à mes troubles du comportement alimentaire. La jouissance du jeu avec ma propre vie également et mon insatisfaction existentielle et métaphysique constante.
    L’écriture m’aide à voir plus clair en moi et ennoblit la laideur de mon corps misérable qui se décharne par la recherche d’une harmonie formelle et sémantique, d’une beauté impérissable et absolue.

  9.  
    ANTONIO MANUEL
    ANTONIO MANUEL écrit:

    bonsoir,
    J’espère que ce témoignage personnel que j’ai livré pour vous aidera Sandrine dans son travail de thèse.
    J’ai récemment pris la décision de cesser progressivement de prendre mon substitut de Modulen IBD, aliment destiné aux malades de Chron.
    Cette cessation progressive de mon alimentation est la réponse , la seule à ma disposition, à l’incompréhension générale dont je suis l’objet en tant qu’artiste et être humain.
    Etre sans cesse loué pour la beauté de son écriture sans que cela soit un atout auprès des éditeurs me rend victime d’un talent vécu comme une torture artistique, le tourment d’une sensibilité exacerbée qui m’impose l’écriture nécessaire de textes sans un lectorat assez vaste pour être édités.
    Et puis le thème de l’anorexie masculine n’est pas vendeur bien qu’il soit productif pour moi.
    Je vous embrasse très fort et vous tiendrez régulièrement au courant de mon état de santé physique et morale.
    Merci de votre compréhension.
    ANTONIO MANUEL.

  10.  
    ANTONIO MANUEL
    ANTONIO MANUEL écrit:

    Le taux très élevé de suicides des adolescents homosexuels révèle un malaise extrême et une appréhension sociale globale péjorative de l’homosexualité. Le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, a été amené à prendre des mesures destinées à favoriser officiellement la lutte contre l’homophobie dans les lycées.
    (Déclaration ce matin du ministre sur BFM TV)

  11.  
    Eric
    Eric écrit:

    @ Antonio :

    Oui, tu as raison.

    Si tu veux, tu peux aider drinou

    dans la gestion de ce blog je pense.

    Tu as un talent.

    @ Nicolas :

    Merci Nicolas pour ce poème.

    Eric

  12.  
    ANTONIO MANUEL
    ANTONIO MANUEL écrit:

    Merci pour ton compliment qui me touche énormément Eric. Je pense que c’est à Drinou de savoir si je peux lui être d’une quelconque utilité.
    Quelle sache que des médias m’ont très récemment contacté au sujet de l’anorexie masculine.
    Je vous embrasse, tendrement, ANTONIO MANUEL.

  13.  
    ANTONIO MANUEL
    ANTONIO MANUEL écrit:

    Persécution de ma personne sur le FORUM DE FRANCE2 LIVRES alors que je suis actuellement très souffrant:

    eluange

    Posté le 08-09-2008 à 17:15:04 profileditEdition rapideansweranswer +answer -MPFavoris
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    quelle étrange persécution de ce pauvre Antonio comme si son succès vous atteignait personnellement: c’est vrai que taper antonio manuel+homophobie ouvre l’accès à 2 pages de sites internet différents où il est question de lui.
    Je ne vois pas pourquoi ça met yifu dans tous ses états?
    Message cité 1 fois
    n°111537
    48 222

    Posté le 08-09-2008 à 17:23:10 profilVoir le bbcodeansweranswer +answer -MPFavoris
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    Pour rire non ? On n’a pas tous les jours l’occasion de rire d’un mourant.

  14.  
    ANTONIO MANUEL
    ANTONIO MANUEL écrit:

    Posté le 09-09-2008 à 05:27:12 profileditEdition rapideansweranswer +answer -MPFavoris
    Prévenir les modérateurs en cas d’abus

    Dark Va dehors return

    Posté le 08-09-2008 à 20:15:23 profil

    Antonio est arabe, c’est le début du ramadan, il trouve encore la force d’alimenter son blog et de faire des recherches sur les sites internet, donc tout va bien, c’est encore du pipeau

  15.  
    drinou
    drinou écrit:

    Cher Antonio,
    Laisse écrire ces personnes, éloigne toi de ces sites où la méchanceté est reine.
    Tu es le bienvenu ici, tu sais que ton aide m’est précieuse, et que dès que je recommence mes « études » (dans un petit mois), je me permettrai de poste sur ce blog quelques questions, auxquelles tes réponses seront utiles.
    Je pense fort à toi qui souffre autant physiquement que moralement.

    Que mon blog reste un lieu d’échange et de respect, je ne souhaite par recevoir ici des commentaires déplacés de qui que ce soit.
    Mille mercis à toi Antonio,

    Drinou.

  16.  
    nicolas
    nicolas écrit:

    Bonjour Antonio,

    J’ai parcouru ton témoignage, qui m’a bcp touché, pas seulement parce qu’il me renvoie à ma propre histoire, mais aussi par la qualité de ton écriture, très claire, très belle. Merci pour ta sincérité, et COURAGE!

    Un petit coucou à Drinou! J’espère que tout va bien pour toi!

    nico

  17.  
    nicolas
    nicolas écrit:

    C’est incroyable de ressentir autant de fiel dans les commentaires faits sur Antonio… Confondre Anorexie avec « Ramadan », c’est vraiment n’importe quoi! Celà me rappelle les insultes de mes camarades de classe lorsque je ressemblais à un cadavre, comme ils disaient… Bien sûr, c’était il y a treize ans, lorsque je n’étais encore qu’un enfant, mais çà fait tout de même peur de constater que certain(e)s adultes soient aussi stupides!

    Bien à toi, Antonio.

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